Corona de merde

Alors que j’entame mon dernier dernier mois de grossesse dans quelques jours, l’atmosphère est étrange.

Un sale virus que nous ne maitrisons pas encore est en train de se répandre en France, en Europe, dans le monde entier. Nous faisons face à une épidémie inquiétante. Telle une guerre mondiale, de nouvelles dispositions sont prises et des restrictions nous sont imposées.

Je suis infirmière et je suis bien au fait de la gravité de la situation. Malgré cela, je ne peux m’empêcher d’être un peu égoïste. J’ai d’abord appris que ma sage femme libérale annulait mes derniers cours de préparation à la naissance -dont l’allaitement qui nous intéressait plus que tout.
S’en est suivi un appel de ma maternité pour m’informer que les ateliers prévus -césarienne, péridurale, futur papa et visite de la maternité- étaient suspendus jusqu’en mai. J’accouche en avril donc c’est mort pour nous.
Puis, un message d’information de cette même maternité déclarant que les visites durant le séjour à la maternité sont toutes interdites jusqu’à nouvel ordre et que nous devons nous rendre aux urgences générales et non aux urgences obstétriques si le vrai travail s’annonçait.
– ??? –  Les heures passent et le flot de mauvaises nouvelles se cumulent. J’en viens à actualiser la page Facebook de ma maternité plusieurs fois par jour et à redouter le lendemain. Ma voisine me dit qu’une de ses amies a accouché samedi de son premier enfant et a été invitée à rentrer chez elle deux jours après. Apparemment, ils écourtent les séjours au maximum.
Le plus inquiétant c’est le retour de plusieurs mamans de différentes régions en France qui voient leur mari, leur conjoint, leur accompagnant(e) pour la naissance se refuser l’accès à la salle de travail et au séjour. Pour le moment rien ne va dans ce sens pour ma maternité mais c’est le cas pour plusieurs d’entre elles près de chez moi.

Oui, je comprends que l’épidémie est grave au point où il faut se confiner et rentrer le moins possible en contact avec d’autres personnes que son foyer proche.
Oui, je comprends qu’il y a des mesures d’hygiène strictes à adopter et c’en est même rassurant.
J’ai fini par admettre que les cours de préparation auxquels je tenais tant et les visites de mes proches étaient superflus par rapport aux risques que l’on encourt.
Je fais des efforts pour essayer de comprendre les dernières mesures prises mais non, je ne peux m’empêcher d’être égoïste.

C’est notre premier enfant – peut être le seul-, nous avons certainement idéalisé le moment venu comme tout futur parent mais je suis tellement attristée par cette situation. Je n’arrive pas à m’imaginer accoucher sans mon conjoint. Je n’y arriverai pas.
Je m’en veux d’avoir pester contre mon ventre à chaque coup que bébé me donnait dans le col ces derniers jours, je regrette de lui avoir dit que j’étais pressée qu’il montre le bout de son nez. Aujourd’hui je prie pour qu’il y reste bien au chaud le plus longtemps possible et que la situation s’améliore rapidement.

Je vais devoir  faire un travail sur moi même et apprendre à me faire confiance. Je vais surtout me préparer à recevoir la mauvaise nouvelle et essayer de voir le verre à moitié plein. Il faut essayer de relativiser. Notre bébé est en bonne santé et nous aussi. Nous avons un toit sur la tête et, malgré ces restrictions, nous allons vivre la plus belle chose au monde: Nous allons devenir parents.

 

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